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Échanges intenses entre étudiants, institutionnels et personnels des écoles de ParisTech sur l’accueil des étudiants internationaux

Atelier « International et Diversité », 31 mars 2022

Les écoles de ParisTech réunies pour améliorer l'accueil des étudiants internationaux

Arts et Métiers accueillait le 31 mars dernier le 3e atelier organisé par la commission Diversité de ParisTech, conjointement cette année avec les commissions Enseignement et International. Après deux ateliers dédiés aux questions de diversité sociale, diversité de genre et handicap en 2019 et 2020, les écoles de ParisTech ont souhaité réfléchir à la promotion de ces dispositifs auprès des étudiants internationaux, qui arrivent pour la plupart en deuxième année du cursus ingénieur, et à l’amélioration de leur accueil.

 

Diversité de genre et lutte contre les violences sexuelles et sexistes, diversité sociale, diversité culturelle, mais aussi internationalisation de l’enseignement vue du point de vue des étudiants internationaux étaient au programme de l’atelier organisé le 31 mars dans les locaux d’Arts et Métiers. En effet, les écoles de ParisTech recrutent chaque année des dizaines d’étudiants internationaux qui effectuent deux ans de scolarité pour obtenir le diplôme d’ingénieur, voire un double diplôme. D’autres viennent en échange pour une durée plus courte, un semestre ou un an. Or les élèves-ingénieurs constituent dès la première année des promotions très soudées. L’enjeu est donc de bien intégrer les étudiants internationaux dans ces promotions existantes et de faire en sorte qu’ils utilisent tous les dispositifs disponibles à cet effet, afin de profiter au mieux des opportunités offertes par les écoles au cours de leur scolarité et de décrocher le diplôme d’ingénieur qui leur ouvrira les portes d’une carrière professionnelle de haut niveau.

Laurent Champaney, directeur général d’Arts et Métiers et président de la commission Diversité, a rappelé en introduction les enjeux de l’atelier : « comment on gère le vivre-ensemble dans nos établissements avec des étudiants qui font leurs études en France et des étudiants internationaux qui viennent pour un semestre ou plus. » Il importait aux écoles d’entendre le point de vue des étudiants internationaux et d’instaurer le dialogue non seulement avec le personnel, mais aussi les étudiants français qui participent à l’accueil de leurs camarades étrangers. En effet, tous les élèves ingénieurs seront amenés à gérer dans leur vie professionnelle des équipes aux profils différents dont des profils internationaux. Ils doivent donc comprendre comment gérer de telles équipes et comment tirer parti de cette richesse.

Marie-Ségolène Naudin, déléguée enseignement et diversité de ParisTech, a ensuite animé une table ronde permettant de poser les grands enjeux et d’informer la cinquantaine de participants sur quelques-uns des dispositifs existants. Baptiste Bondu, chef de pôle Pilotage des opérateurs et stratégies sectorielles, Ministère de l’Europe et des affaires étrangères (MEAE),  a présenté la diplomatie féministe définie et mise en œuvre par le MEAE, en particulier dans le cadre de la diplomatie scientifique et universitaire. Le MEAE s’efforce par exemple d’augmenter le nombre d’étudiantes bénéficiaires de bourses du gouvernement français et a demandé à l’opérateur Campus France d’avoir une stratégie de valorisation des études en France en science et technologie auprès des femmes. Samuel Ghiles-Meilhac, chargé de mission laïcité, lutte contre le racisme et l’antisémitisme, Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation (MESRI) a ensuite évoqué le cadre juridique (lois, plans interministériels) dans lequel s’inscrivent les documents produits par le MESRI ces dernières années dans différents champs de la diversité : plan d’action dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans l’enseignement supérieur 2021-2025, guide Lutter contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ dans l'enseignement supérieur et la recherche, Kit de prévention des discriminations dans l’enseignement supérieur, des fiches réflexes par exemple sur racisme et antisémitisme. Certains de ces documents sont disponibles en anglais.

Antoine Mercier, adjoint au directeur des relations internationales à Chimie ParisTech – PSL, a ensuite évoqué ce qui se passe concrètement dans les écoles. L’intégration de ces étudiants est l’affaire de tous, non seulement de la direction des relations internationales, mais aussi de la direction de la formation, du référent diversité, mais aussi des élèves français. En outre les étudiants accueillis en mobilité courte doivent aussi faire l’objet d’une attention particulière. Alix Guerber, élève ingénieure à Chimie ParisTech – PSL, a ainsi présenté le Club international dont elle est membre. Constitué d’une dizaine d’élèves français, le Club organise chaque année le parrainage des internationaux par des élèves français, organise un séminaire de rentrée, des sorties, des ateliers de français. Les travaux en groupe prévus dans le cadre du cursus donnent toujours lieu à la constitution de groupes rassemblant des étudiants français et internationaux.

Judith Ellison, chargée de l'animation d'ateliers interculturels à AgroParisTech, a insisté sur l’opportunité que représente la présence d’étudiants internationaux dans les écoles. Ils apportent ouverture d’esprit, créativité, apprentissage mutuel. AgroParisTech organise des modules à destination d’étudiants internationaux qui développent ainsi soft skills et compétences interculturelles. L’école prépare aussi les étudiants français à la mobilité et la valorise à leur retour.

Deux étudiants internationaux, Gustavo de Lima Olivo (Brésil) et Mouhamadou Sall (Sénégal), tous deux élèves ingénieurs à AgroParisTech, étaient présents pour apporter leur témoignage. Ils ont tous les deux salué l’accompagnement individuel proposé par leur école et l’association AgroBienvenue animée par des élèves tant pour organiser leur arrivée que pour les accompagner dans les cours en cas de difficulté. Ils ont aussi souligné que le premier point d’amélioration était la sensibilisation des élèves français à l’arrivée des étudiants internationaux.

Enfin Aurélie Nogues, chargée de mission International et Développement à la Cdéfi, a expliqué les travaux conduits en 2021 par la Cdéfi sur l’internationalisation de l’enseignement dans un contexte où les étudiants français ne pouvaient pas partir en mobilité internationale à cause de la pandémie. Or, force est de constater que si les écoles d’ingénieurs ont fait preuve d’une grande capacité d’adaptation pour mettre en place des alternatives à la mobilité internationale et des outils de valorisation des compétences interculturelles développées à domicile et à distance, les élèves ingénieurs internationaux présents dans les écoles sont peu mobilisés pour enrichir ces dispositifs alors que la CTI demandait en 2020 que « l’accueil d’étudiants étrangers [soit] organisé de façon à organiser des interactions fréquentes et soutenues avec les étudiants français. »

Après des échanges avec la salle et le témoignage de Charlotte Audéoud en charge des élèves internationaux au sein du BDE d’ESPCI Paris - PSL, les participants se sont répartis en trois groupes de travail : le premier dédié à l’égalité femme-homme et la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, le deuxième à la diversité culturelle et le dernier à la diversité sociale et l’internationalisation de l’enseignement. Élèves internationaux et français et personnels ont ainsi discuté et échangé pour identifier les points positifs et négatifs des différentes situations rencontrées et faire des propositions. Chaque groupe, en particulier les étudiants internationaux qui y ont contribué, a ensuite restitué le résultat de ses travaux devant une assistance attentive et motivée pour s’engager dans l’amélioration de l’accueil des étudiants internationaux, que ce soit sur les questions de diversité, de scolarité ou de vie étudiante.

Laurent Champaney a conclu les travaux de l’après-midi en mettant en lumière les perspectives de travail pour la commission Diversité de ParisTech et en invitant les élèves internationaux à faire savoir dans leurs écoles les aspects positifs et négatifs des dispositifs existants afin que chacune puisse les améliorer en interne. Tous les participants sont repartis avec de nouvelles idées en tête, satisfaits d’avoir pu échanger sur un sujet aussi important et d’avoir entendu les témoignages d’étudiants internationaux qui étaient très éclairants.

 

The ParisTech Grandes Écoles